Le suivi ostéopathique d'un syndrome naviculaire

Le syndrome naviculaire est une affection de l’appareil podotrochléaire, qui est constitué par l’os naviculaire (ou os sésamoïde distal) et ses annexes, qui sont les ligaments associés et le tendon perforant ( ou muscle fléchisseur profond des phalanges ).

Source : Baronne, Anatomie comparée des mammifères domestiques,Tome 2 Arthrologie et myologie


Il existe donc 3 formes de syndrome naviculaire, selon la partie touchée :

- ostéo-articulaire

- tendineuse

- ligamentaire

La composante ostéo-articulaire peut être due à une déminéralisation intra-osseuse, une érosion du cartilage articulaire.

La composante tendineuse est associée à une lésion plus ou moins importante du muscle fléchisseur profond des phalanges.

La composante ligamentaire concerne souvent des desmopathies sésamoïdiennes (entorses du pied) au niveau du site d’insertion des ligaments.


Signes cliniques


Le syndrome naviculaire se manifeste par une boiterie d’appui progressive uni ou bilatérale des antérieurs. Il y a une diminution de la propulsion ( réduction de la phase postérieure de la foulée ), surtout visible au pas.

Elle est amplifiée à froid, sur sol dur, et lors d’une volt à la main correspondante.

Au repos, le cheval aura une position antalgique avec l’antérieur le plus touché posé en avant, afin de limiter le poids porté au talon.

Le syndrome naviculaire touche les chevaux qui ont entre 6 et 10 ans.

Le pied peut se modifier et devenir plus petit.


Causes possibles


Un travail important sur sol dur, des virages serrés ou des traumatismes peuvent favoriser le syndrome naviculaire.

Une ferrure inadaptée peut aussi être à l’origine de l’affection.

De plus, l’aplomb du cheval aura un rôle important, avec une prédisposition pour les pieds petits, serrés ou droits.

Il existe également une prédisposition pour les chevaux utilisés de façon précoce.


Rôle de l'ostéopathie sur un syndrome naviculaire


Le schéma corporel du cheval va s’adapter afin de limiter le poids porté sur l’antérieur le plus atteint et donc diminuer sa douleur.

Par exemple, si l’antérieur le plus touché est l’antérieur droit, le cheval va s’incurver au niveau de l’avant main vers la droite afin de mettre son poids du corps à gauche.

Cependant, une incurvation de l’avant-main à droite va provoquer une incurvation du côté opposé de l’arrière-main (c’est-à-dire à gauche) afin de garder un schéma corporel rectiligne.

C’est à ce moment là que l’ostéopathie aura un rôle à jouer. En effet, il est important de garder une poussée symétrique des postérieurs afin de ne pas aggraver les difficultés de l’antérieur.

Le travail de l’ostéopathe sera donc de lever les compensations de l’arrière-main sans modifier celle de l’avant-main.

Il est donc conseillé qu’un cheval ayant un syndrome naviculaire consulte régulièrement un ostéopathe.


Traitement


Une ferrure adaptée sera à mettre en place afin de diminuer la douleur et de limiter l’évolution de l’affection.

Un traitement vétérinaire peut être instauré.

Il faut éviter le travail sur des sols durs et limiter les chocs en talons ( comme le saut d’obstacles par exemple ). Les volts sont à proscrire.